La peur qui fait du bien

5 novembre 2013


Je voudrais vous parler de deux romans sur l’adolescence, lus récemment et assez bouleversant. De ceux qui peuvent marquer très profondément.
Rien de Jane Teller, les Grandes Personnes, 2012. Celui-ci m’a été offert par une amie. L’histoire l’avait aussi bouleversée.
Troubles de Claudine Desmarteau, Albin Michel jeunesse, 2012. J’aime Claudine Desmarteau pour son irrévérence salutaire vis à vis de la vie !

Je vous dis que Sa majesté des mouches de William Golding m’a particulièrement marquée. Parce qu’il est violent et cruel, tellement qu’à l’époque je pense que ce roman a eu une fonction cathartique. Et oui… les humains ne se divisent pas en deux catégories, les bons et les méchants, dans la vraie vie. Qui n’a pas eu d’affreuses pensées un jour ? De celles dont on n’est pas très fier, de celles dont on n’ose pas trop parler ? Je crois très sincèrement que la littérature a encore cette fonction-là aujourd’hui, pour les adultes (Posons-nous la question de savoir pourquoi on est toujours un peu fasciné par les polars, les romans noirs, les thrillers, les films d’angoisse quels que soient leur genre, je ne parlerai pas des faits divers) alors pourquoi pas pour les enfants et les ados qui en ont peut-être encore plus besoin que les adules ?

Dans Rien, on s’interroge sur le sens de la vie… poussé à son extrême limite, à savoir la mort. C’est glaçant, mais ça fait sacrément réfléchir. Et ça se passe avec des ados de 13 ou 14 ans.

Troubles… alcool, pétard, drogues, désir, spleen, questions, amitié fusionnelle, errance dans les rues et dans la tête. C’est difficile l’adolescence quand on la vit, pourtant, bien souvent, quand on y repense, c’est avec regret et un sentiment d’insouciance et de prise de conscience des libertés et des limites. C’est peu flou ces notions, le bien, le mal… La mort aussi est présente dans Troubles. J’aurais aimé tomber sur un roman de ce type quand j’étais une ado et je le conseillerai à des ados.

Je ne sais plus où je lisais que certains écrivains écrivaient avec un enfant de 5 ans dans la tête (à propos de Claude Ponti je crois), d’autres avec un enfant de 12…
Pour lire en tout cas, je convoque à peu près tout le monde : la mère, la femme, l’amante, la petite fille, l’adolescente, l’adulte, l’amie, l’ennemie, la fille de mes parents et grands-parent. On est nombreux, chez moi.
J’aime les écrivains qui parviennent à convoquer tout ce monde, parfois en même temps, comme la mère et l’enfant. Comme ça, je crois qu’on se comprend un peu…

Lisa