Des surprises, des ponts et des enfants, un drôle de pacte !

29 mars 2013


La relecture est source de bien des surprises ! Comme si un nouveau sens évident s’échappait de l’histoire qu’on a déjà lue des centaines de fois (oui, j’exagère un peu !)

La rue qui ne se traverse pas, d’Henri Meunier et Régis Lejonc, paru aux éditions Notari en 2011 fait écho à la môme aux oiseaux, des mêmes auteurs, paru en 2003 aux éditions du Rouergue. Deux histoires d’amour, deux êtres que tout semble séparer, reliés sur terre et dans les airs, par un ou des oiseaux. Présenté de cette manière à qui ne connaît pas, ça semble évident. Eh bien, ces deux livres-là, je les ai sur mes étagères, ou sur la table ou dans un sac, ou encore prêté à des enfants, ou à des amis. Découverts chacun à leur sortie, à 8 ans d’intervalle. J’avais déjà fait le lien entre ces deux albums, à la sortie du second. Un lien « de raison », « intellectuel », de réflexion d’œuvres d’artistes. Et puis j’ai relu la môme aux oiseaux, pour mon petit garçon et là je me suis dis « Mais oui, bien sûr, la rue qui ne se traverse pas est un écho à la môme aux oiseaux ! Et peut-être que ces deux amoureux-là, sont les mêmes que ceux de la rue qui ne se traverse pas ! » J’ai envie d’y croire.
Et j’étais contente, parce que j’ai « ressenti » l’histoire, j’étais « dedans », ensuite, j’ai eu un peu honte de ma naïveté et puis je suis revenue sur un sentiment de bonheur d’avoir fait ce pont dans mon cœur et plus que dans ma tête.

J’ai aussi relu, toujours pour le même public (un petit garçon de 4 ans ½) la princesse parfaite de Frédéric Kessler et Valérie Dumas, paru aux éditions Thierry Magnier en 2010.
Et là, je me suis dit : "Mais cette histoire raconte merveilleusement la conciliation entre une belle-mère et sa belle-fille." Loin de moi l’idée de vouloir réduire ce livre à une « thématique sur le divorce et les relations belle-mère / belle-fille », qu’on pourrait mettre dans une bibliographie. C’est d’abord une histoire. Preuve qu’elle fonctionne pour moi en tout cas, j’y avais d’abord lu un texte drôle et drôlement illustré, un livre plein de subtilités. Je n’ai pas inventé la poudre : d’autres que moi auraient certainement d’abord pensé au divorce et aux relations dans une famille recomposée. Je n’avais simplement pas vraiment vu cette histoire de cette manière la première fois. Les intentions des artistes de ce livre sont ma foi très multiples !

Là où je veux en venir, un livre c’est : des moments, des situations, des voix, des oreilles, des yeux, des lecteurs. On fait parfois des ponts, parfois non. On se fait plaisir, on se fabrique la tête.

Le pacte avec le lecteur est encore plus redoutable que le pacte avec le diable, on ne sait jamais quel nouveau sens va surgir des livres !

Lisa