la sorcière verte fait des bêtises


La sorcière verte s’ennuie "Nom d’un petit bonnet fourré, que puis-je faire pour m’occuper ?"
Alors alors... la sorcière verte émet quelques formulettes bien pensées mais qui provoquent des catastrophes ! Des catastrophes qui s’enchaînent, provoquant un vrai désastre ! C’est l’escalade...

Petit ouvrage bien sympathique à lire, tout en rimes bien rigolotes. L’effet catastrophes en cascade nous fait lire en dévalant les aventures avec la sorcière verte.
Les illustrations et la mise en page sont chaleureuses : la reproduction du grain du papier, épais et "qui semble gratter" est très bien réalisée, on distingue et on "sent" la peinture d’Anne Mahler. Cet aspect ressort d’autant mieux que le reste du papier est très blanc et tout lisse.

Mais, mais, mais... je m’interroge.

Sur des questions éditoriales et commerciales :
- les tranches d’âges
- la mise en avant des activités ludiques et pédagogiques
- la mise en avant des partenariats "crèches", la sélection "lire et faire lire"

ça me titille beaucoup toutes ces questions autour du livre et tout ce monde qui met en avant non pas le livre, l’histoire mais ce qu’on peut faire avec et autour du livre. Le livre n’est pas suffisamment intéressant alors il faut le vendre en vantant ce qu’on peut en tirer ? Est-ce qu’on ne pourrait pas faire confiance aux lecteurs-clients- adultes-enfants ? Est-ce que faire partie d’une sélection est un gage de qualité ?
Oui, je sais, il faut bien le vendre le livre, ça je suis bien d’accord. Et oui y a des contraintes économiques, une forte pression, mais si on pouvait trouver moyen de faire autrement, ce serait pas mal quand même. Surtout sur les livres, les histoires... ce sont quand même des objets un peu particuliers, non ?
Je m’interroge sincèrement parce qu’on est dans une telle société tournée autour du marketing qu’on oublie le sens premier des "objets culturels, ou pas culturels d’ailleurs" au profit de la communication. On veut simplement que les gens achètent sans se demander si ça leur va ou pas.

Et puis aussi : la présence, sur le site de l’éditeur du logo d’Amazon, société évidemment efficace sur le court terme et qui donne l’illusion que la culture est facilement accessible à tous. Tout le monde peut acheter un livre, en 3 clics, pour le même prix qu’en librairie (Loi Lang de 1981 sur le prix unique du livre) sans se déplacer, donc en gagnant du temps et en économisant de l’argent sur le carburant. A long terme, ça va juste flinguer la diversité de propositions artistiques parce que c’est quand même une boîte pourrie dont l’ambition est d’avoir le monopole sur tout ce qui se vend et s’achète.

Pour l’instant, sur le site Plumes de Brigands, pas de commentaires possibles, je publierai une réponse des éditions Petite Fripouilles ou des auteurs si ils le souhaitent.

Lisa Bienvenu



  • Auteur : Viviane Lelong-Verdier et Anne Mahler
  • Illustrateur : Anne Mahler
  • Éditeur : Editions Petite Fripouille
  • Parution : février 2015
  • Prix : 7,50 €

  • Âge : Moyens
  • Genre : Roman
  • Thématique : bêtises / fantaisie / Quotidien / sorcière
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